La publication par l’Insee du nombre d’inscrits à Pôle Emploi en octobre 2010 ne réussit pas à masquer le désengagement de l’Etat du domaine de l’emploi et de formation professionnelle.
C’est un décrochage massif de l’Etat en matière d’emploi au moment où le gouvernement prétend en faire une priorité pour 2011.
Alors que les effets de la crise persistent, le gouvernement diminue les budgets et les dotations des principaux acteurs du domaine : suppression de 1 500 CDD et 300 CDI à Pôle Emploi et ponction de 187 millions d’euros sur sa subvention 2009, réduction de 300 millions d’euros du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) et fin de la prise en charge des 80 millions d’euros de frais de gestion de l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Selon la même logique, le budget 2011 prévoit une baisse de près de 10 % des diverses primes pour l’emploi, une autre de 20 % du nombre d’emplois aidés, la diminution ou simple suppression des dispositifs d’incitation à l’embauche d’apprentis, de jeunes en formation et des chômeurs de longue durée. Et malheureusement, cette liste n’est pas exhaustive.
Dans ce contexte, le Groupe socialiste est déterminé à faire de la Région Ile-de-France un véritable « bouclier social » protégeant les franciliens de la crise et de la politique gouvernementale. C’est pourquoi depuis mars 2010, la majorité régionale a voté le développement des dispositifs dits de « 2ème chance » qui améliorent l’accès à la formation et à l’emploi des jeunes de 16 à 25 ans. La création d’outils ciblés destinés aux salariés menacés de licenciement a également été actée en septembre via le dispositif de « Continuité des parcours professionnels ».
L’irresponsabilité du gouvernement atteint un niveau inédit : alors que la politique de l’emploi est avant tout une politique de service public, le gouvernement réduit ses moyens, cantonne ses ambitions et renforce les inégalités entre les personnes et entre les territoires. Faut-il rappeler que les 30 000 habitants de Clichy-sous-Bois ne disposent toujours pas d’antenne Pôle Emploi?
Ce sont en effet les territoires les plus fragilisés qui subissent le plus durement les effets de la pénurie de moyens et l’absence de vision sociale du gouvernement.



