Aujourd’hui, à Epinay comme partout dans notre pays, l’Education n’est plus une priorité.
Le budget 2011 présenté par le gouvernement est catastrophique pour l’enseignement de notre pays : il prévoit la suppression de 16 000 emplois au niveau national, dont 426 dans notre académie. Sur notre département , pourtant considéré comme un département en grande difficulté scolaire, ce sont 20 postes qui sont supprimés dans les écoles alors que l’on aura une augmentation de 2160 élèves et 40 postes dans les collèges avec pourtant 1131 élèves en plus.
Alors que les effectifs d’élèves vont continuer d’augmenter et que la part du PIB français destinée aux enseignements primaires et secondaires a diminué dans la période récente en passant de 4,5% en 1995 à 3,9% en 2006 , le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite reste la seule priorité du gouvernement Sarkozy/Fillon.
Cette véritable idéologie budgétaire vient d’ailleurs d’atteindre son apogée avec la mise en place d’une prime accordée aux recteurs (jusqu’à 22 000 euros) en fonction du nombre de postes qu’ils suppriment.
Les conséquences de cet étranglement budgétaire vont à nouveau se traduire très concrètement dans la vie quotidienne des établissements scolaires : fermetures de classes, disparition des RASED, suppressions de places en maternelle, suppression de la formation professionnelle des enseignants, baisse des dotations des collèges et lycées, hausses d’effectifs dans les classes, régression de la scolarisation des enfants porteurs de handicap… La liste est longue des dégradations qui vont plus encore remettre en cause le principe de l’égalité devant l’éducation.
Très concrètement, les écoles de notre ville sont lourdement frappées au quotidien : c’est ainsi qu’il y a quelques jours encore, 9 enseignants du groupe Jaurès n’étaient pas remplacés, dont 5 dans la même école avec une classe de moyenne section dont les élèves n’ont pas eu classe pendant plus de 15 jours. Au total sur cette école, nous en sommes à 47 journées avec au moins une classe sans maître.
D’autres écoles subissent les effets de cette politique de réduction des moyens : c’est ainsi par exemple que 48 jours d’absences n’ont pas été remplacés à la maternelle Victor Hugo, 37 jours à l’école Rousseau 2, 36 jours à la maternelle Pasteur 1, 31 jours à l’école Victor Hugo 1, 21 jours à la maternelle Dumas…
Au total, ce sont plus de 300 jours qui ont été supprimées depuis la rentrée scolaire de septembre sur notre ville.
D’autre part, les étudiants en Master préparant le concours de professeur des écoles et qui ont été mis dans les classes depuis octobre n’ont toujours pas été payés à ce jour, tout comme les enseignants qui assurent les « clubs coup de pouce ».
Alors que d’autres pays, comme l’Allemagne ou les Etats-Unis, préservent et abondent les budgets alloués à l’Education, la vision uniquement gestionnaire du service public ne prépare en rien la sortie de crise.
Aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin d’un système éducatif qui s’attaque réellement aux inégalités scolaires et qui traite la situation des élèves en grande difficulté.
D’autres choix pour la réussite de tous les jeunes sont nécessaires afin que le service public d’enseignement remplisse les objectifs d’une École démocratique et ambitieuse pour chaque jeune de notre ville et au-delà, de notre pays.
C’est pourquoi, le conseil municipal d’Epinay, réuni en sa séance du jeudi 27 janvier 2011 :
-demande les moyens en enseignants permettant d’assurer la continuité du service public d’enseignement dans les écoles de la ville.
-soutient les étudiants en responsabilité dans les classes dans leur mouvement qu’ils mènent pour être payés d’un travail qu’ils accomplissent depuis 4 mois.
-demande les moyens nécessaires à la pérennisation des dispositifs type « club coup de pouce ».
-apporte son total soutien aux parents d’élèves et aux enseignants dans le combat légitime qu’ils mènent contre l’inéquité territoriale qui frappe l’Ecole publique à Epinay S/Seine.
A Epinay comme ailleurs, l’Ecole doit être une priorité : pilier de notre République, instrument majeur de l’égalité entre tous les enfants, lieu d’émancipation et de socialisation, l’école publique et laïque ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de restrictions budgétaires.
WordPress:
J’aime chargement…