Archives Mensuelles: juin 2011

Niche « Jardins Solidaires » en Ile de France Intervention Yannick Trigance

Monsieur le Président,

Madame la Vice Présidente,

Cher (e) (s) Collègues

Le groupe socialiste remercie le groupe EELV pour cette initiative qui traduit une volonté que nous partageons d’améliorer le cadre de vie dans les quartiers.

Les exemples de jardin partagés, d’insertion,  pédagogiques, à but thérapeutiques….sont nombreux. En quelques années, nous avons vu se multiplier des initiatives variées, souvent associatives et de plus en plus soutenus par les collectivités locales.

L’engouement pour ces jardins démontre l’intérêt que suscite la possibilité d’accéder, de partager, de cultiver un lopin de terre.

Grâce à l’imagination et à la créativité des habitants des quartiers, ces jardins permettent souvent de valoriser des parcelles sans destination et parfois de manière temporaire :

Par exemple, dans le 18ème arrondissement, des jardins partagés ont trouvé place sur un terrain qui, dans quelques années accueillera l’extension du conservatoire municipal ou encore sur les quais désaffectés de l’ancienne Petite Ceinture.

Par ailleurs, nous pouvons aussi souligner la participation de la région au financement de jardins d’insertion qui accueillent des titulaires du RSA.

Mesdames, Messieurs de la Majorité présidentielle, pouvez-vous peut être demander à monsieur Wauquiez, si ce  type d’activité encourage et contribue à l’assistanat , ce véritable « cancer de la société »?

Mais revenons au dispositif proposé par le groupe EELV.

La mise en place d’un dispositif qui inclue une aide à l’équipement  pour la création, l’agrandissement ou la restauration de jardin collectifs nous semble non seulement justifiée mais surtout utile pour soutenir les initiatives des porteurs de projets (associations, bailleurs, collectivités, lycées….).

C’est à nos yeux, une des conditions du développement et de la pérennisation des jardins solidaires.

Vous proposez également, une prime en faveur des bailleurs sociaux pour les inciter à prévoir un espace dédié aux jardins collectifs dans le cadre de programmes de construction ou de rénovation de logements sociaux locatifs.

Cette bonification trouvera facilement sa place dans le dispositif de bonification déjà existants (critères logements familiaux).

Enfin, vous soulignez la nécessité de créer des conditions d’un accompagnement des porteurs de projets et des participants.

Nous souscrivons totalement à cette préoccupation, et pour parvenir à cet objectif, nous rappelons que la région dispose de partenaires et d’organismes tel que l’AEV susceptibles d’être en appuis sur ces projets.

En conséquence de quoi, nous soutenons pleinement cette proposition qui s’inscrit dans la priorité que nous accordons au vivre Ensemble, à la mixité sociale et l’intergénérationnel.

 

La Région aide les agriculteurs franciliens

On a tendance à l’oublier, mais le territoire francilien est composé de 50% d’espaces agricoles. L’agriculture y est donc un levier économique important.

Dans un contexte de crise énergétique, alimentaire et de changement climatique, la préservation de la diversité agricole est donc essentielle pour assurer le développement durable de l’Ile-de-France.

Or, si toutes les filières sont impactées par la sécheresse, les filières spécialisées, les éleveurs (vaches allaitantes et laitières) et les agriculteurs nouvellement installés sont particulièrement fragilisés.

Jean-Paul Huchon et Hélène Gassin, Vice-président en charge de l’environnement et de l’agriculture, ont donc décidé de travailler en amont avec les professionnels afin de répondre au plus juste aux besoins des agriculteurs en difficulté. En toute conscience de l’urgence, mais aussi, grâce à son expérience en matière d’interventions face aux calamités agricoles et au dialogue permanent qu’elle entretient avec la profession, dans l’objectif essentiel d’une intervention efficace, c’est-à-dire qui réponde aux besoins des agriculteurs.

L’action régionale, réfléchie et concertée, sera fondée sur : les besoins par filières et territoires ; le mélange nécessaire de mesures de court et de moyen terme ; la nécessité de pouvoir évaluer les pertes après récolte (autrement dit la connaissance de l’impact réel de la sécheresse) ; le besoin de relance de la consommation de fruits et légumes  et la complémentarité avec les dispositifs nationaux et européens.

De nombreux échanges avec les Chambres d’agricultures et les syndicats de branches spécialisées (maraîchers, horticulteurs, éleveurs..) ont permis à la Région de dégager les priorités de ce que sera son intervention. De faire un premier tri entre bonnes et « mauvaises » mesures. Ce temps de réflexion et de concertation était impératif car la Région Ile-de-France n’est pas homogène. Les territoires et les différentes professions ont des besoins spécifiques, qui seront pour certains pleinement connus dans plusieurs semaines. La concertation et la co-élaboration des mesures avec les Chambres d’agriculture se poursuivra donc au-delà de cette première réunion, pour ajuster les réponses au plus près des besoins

Ainsi, en partenariat avec les professionnels, la Région Ile de France bâtira son action sur 6 axes prioritaires :

1 – La mobilisation d’un Fonds de garantie pour faciliter l’accès à la ressource financière privée : L’objectif serait de permettre aux agriculteurs en grande difficulté d’accéder à des prêts bancaires de trésorerie;

2 – La mise en place d’une aide spécifique dans le cadre du régime notifié « De Minimis »  -  sous réserve, à analyser post récoltes : ce régime permet de verser des subventions à des entreprises privées sur la base d’un règlement « ad’hoc » des collectivités publiques. Le plafond du régime de Minimis agricole s’élève à 7 500 € sur une période glissante de 3 ans.

3 – Un soutien exceptionnel aux têtes de réseau régionales des filières spécialisées (Maison de l’Elevage IDF et AREXHOR, tête de réseau des horticulteurs/pépiniéristes.

4 – Une dotation complémentaire à celle de l’Etat dans le cadre du « régime des Calamités agricoles » : la procédure de calamité agricole concerne des dommages non assurables, d’importance exceptionnelle, dus à des variations anormales d’intensité d’un agent naturel, reconnus par la Commission Nationale des Calamités Agricoles. Depuis 2009, les pertes de récoltes par aléas climatiques sur les grandes cultures ne sont pas indemnisables par le fonds des calamités. Seule l’assurance récolte permet donc de garantir les grandes cultures contre les aléas climatiques.

5 – Une mise à disposition des propriétés de la Région (espaces verts, bases de loisirs etc) pour le fauchage 

6 – Une prise de position régionale formelle pour inciter l’Etat à prendre des mesures fortement attendues par la profession, notamment le report des charges financières des annuités d’emprunt et l’exonération de la taxe foncière.

 

La santé des étudiants : un enjeu majeur de la réussite

On en parle peu, mais la réalité est implacable : les étudiants français vivent pour beaucoup d’entre eux dans une grand précarité.

C’est ainsi qu’un étudiant sur trois renonce à consulter un médecin faute de moyens financiers et 20% renoncent à se procurer les traitements.

Dans le même temps, 19% des étudiants ne disposent pas de complémentaire santé. Les services de médecine préventive universitaire (MPU) sont des structures essentielles mais totalement démunies en termes de moyens, au point que seul 32% des étudiants bénéficient d’une visite médicale.

Il faut également savoir que ces MPU ne sont pas habilitées à prescrire des ordonnances et ne permettent pas d’avoir accès à suffisamment de soins, notamment à ceux des spécialistes.

Nous sommes ainsi face à une terrible inégalité qui impacte lourdement sur la réussite des études : ceux qui n’ont pas les moyens pour se soigner sont pénalisés, tant l’état de santé influe sur les apprentissages.

Il y a donc urgence à donner les moyens financiers aux étudiants pour leur permettre d’accéder à une couverture de santé optimale.

Par ailleurs, un plan de financement des MPU doit être mis en place pour les développer en centre de santé regroupant des spécialistes (seuls 11 services de PMU se sont transformés en centre de santé).

Le pacte éducatif que nous proposons porte cette exigence : démocratiser la réussite, c’est réunir les conditions permettant à chaque jeune de mener à bien son projet personnel.

 

La santé en fait partie : nous ne l’oublions pas.

BUDGET EDUCATION NATIONALE 2011 : LA SAIGNEE CONTINUE

Le budget 2011 présenté par le gouvernement est catastrophique pour l’enseignement de notre pays : il prévoit la suppression de 16 000 emplois et ne vise qu’un seul objectif : la recherche d’économies.

Si la question des postes ne règle pas tout, les 50 000 postes supprimés par la droite ces dernières années impactent lourdement sur les conditions d’encadrement et d’enseignement pour les jeunes de notre pays.

Alors que  les effectifs d’élèves vont continuer d’augmenter et que la part du PIB français destinée aux enseignements primaires et secondaires a diminué dans la période récente en passant de 4,5% en 1995 à 3,9% en 2006 , le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite reste la seule priorité du gouvernement Sarkozy/Fillon.

Les conséquences de cet étranglement budgétaire vont à nouveau se traduire très concrètement dans la vie quotidienne des établissements scolaires : fermetures de classes, disparition des RASED, suppressions de places en maternelle, disparition de la scolarisation des enfants de moins de trois ans, suppression de la formation professionnelle des enseignants, baisse des dotations des collèges et lycées, hausses d’effectifs dans les classes, régression de la scolarisation des enfants porteurs de handicap… La liste est longue des dégradations qui vont plus encore remettre en cause le principe de l’égalité devant l’éducation.

Alors que d’autres pays, comme l’Allemagne ou les Etats-Unis, préservent et abondent les budgets alloués à l’Education, la vision uniquement gestionnaire du service public ne prépare en rien la sortie de crise.

Aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin d’un système éducatif qui s’attaque réellement aux inégalités scolaires et qui traite la situation des élèves en grande difficulté, avec notamment la mise en place d’une indispensable différenciation pédagogique et d’une véritable formation pour les enseignants qui débutent dans le métier.

Partout dans notre pays,  l’Ecole doit être une priorité : pilier de notre République, instrument majeur de la démocratisation de la réussite, lieu d’émancipation et de socialisation, l’école publique et laïque ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de restrictions budgétaires.